L'intérim est-il le meilleur indicateur de la reprise de l'emploi ? Les récentes grèves ont-elles eu un impact sur le secteur ? Pour le Club emploi, Christophe Catoir, représentant hexagonal du leader mondial Adecco, décrypte l'actualité sociale. Les grèves récentes ont produit des dommages collatéraux. Notamment dans l'intérim. Durant les quinze jours du conflit, Adecco a perdu la moitié de ses contrats temporaires dans les domaines de la pétrochime et du transport. « Mais heureusement, rassure Christophe Catoir, sitôt la fin du conflit, l'effet de rattrapage a joué à fond. » Un retour à une situation normale qui, même si elle est en croissance douce, n'atteint pas les scores du bon temps d'avant. L'intérim va mieux et s'offre une jolie hausse de 20 % de ses effectifs depuis le début de l'année. Pour autant, Christophe Catoir joue la prudence, chiffres à l'appui : « La crise a détruit 200 000 emplois rien que dans notre secteur. On en a recréés 110 000, la situation reste donc difficile ; nous restons entre 15 et 20 % en deçà de nos niveaux historiques. » Une prudence que le premier groupe d'intérim au monde applique à l'emploi en général. L'intérim est, traditionnellement, le marc de café de la reprise. Peut-être pas cette fois. « En 1993 et 2001, notre rôle de locomotive s'est vérifié. Nous sommes sortis de crise brutalement et avons entrainé toute l'économie. Cette fois, c'est plus progressif. » Les créations d'emploi de l'année relèvent à 90 % de l'intérim et la durée des missions s'allongent. Des éléments qui ne témoignent pas forcément d'une reprise pérenne du marché de l'emploi. Le chômage des plus de 50 ans a progressé de 18 % cette année. Certains seniors ont le réflexe de se tourner vers l'intérim. La difficulté du retour à l'emploi des quinqua a un effet direct sur la population des travailleurs intérimaires. Ce que Christophe Catoir confirme : « Depuis 1995, leur nombre a doublé. » Même s'il n'atteint aujourd'hui que 4,8% des effectifs globaux. Source : Cadremploi.fr |