Avec l'intérim, l'emploi reprend un peu de couleur 17-06-2010
27 900 postes ont été gagnés au premier trimestre 2010. Une bonne nouvelle. Qu'il faut tempérer : c'est surtout le travail temporaire qui booste les statistiques. La reprise n'est pas encore là. Le premier trimestre 2010 a été plutôt favorable à l'emploi. D'après les chiffres publiés, hier, par l'Insee, 27 900 postes ont été regagnés (hors agriculture et emploi public), dont 23 900 dans les secteurs principalement marchands.Le Premier ministre, François Fillon, a salué « une des premières bonnes nouvelles structurelles ». Quand on se rappelle la terrible année 2009 avec ses 301 000 emplois détruits, c'est sûr que ce 0,2 % de hausse, par rapport au quatrième trimestre 2009, rassure. Faut-il pour autant estimer, comme Christine Lagarde, que « l'économie française est bien entrée dans l'après-crise » ? Pas sûr du tout...
Ce gain de postes est en grande partie dû à l'intérim. La ministre de l'Économie a certes raison de souligner que « le dynamisme de l'emploi intérimaire reflète les effets de la reprise de l'activité ». Et, c'est tant mieux, « il profite plus particulièrement aux jeunes ». Mais si l'intérim, laminé en 2009, remonte, il s'essouffle déjà. Et pour de nombreux économistes, le recours aux intérimaires n'est plus forcément un signe avant-coureur de reprise de l'embauche stable.
Bernard Ernst, directeur « statistique » de Pôle emploi, note, lui, que cette « petite éclaircie » tient uniquement au rebond de croissance enregistré fin 2009 et ne va pas se reproduire au deuxième trimestre. « On est encore clairement dans un schéma où l'on détruit le noyau dur de l'emploi », estime-t-il. Pôle emploi prévoit le chômage (9,5 % de la population active au premier trimestre 2010) continuera à augmenter à 9,8 % en métropole fin 2010, pour décroître faiblement en 2011 à 9,6 %. Source : ouestfrance-emploi.com