Alors que le spectre de la crise plane toujours sur l'emploi, certains professionnels continuent à recruter. Encore faut-il frapper à la bonne porte. Il est 10 h du matin dans une agence d'intérim viroise. À l'intérieur, une file d'attente s'égrène, peu à peu. Il y a ceux qui déposent une candidature, ceux qui viennent se renseigner, ceux qui répondent à une demande de rendez-vous, et les autres, plus chanceux, venus récupérer leur bulletin de salaire. Comme Michèle, la cinquantaine, le visage souriant. Lorsqu'on lui demande si elle cherche du travail, elle répond : « Non, moi je suis sortie de tout ça. » Ce n'est pas le cas de cet homme au visage fermé. À peine a-t-il poussé la porte d'entrée que la personne de l'accueil lui lance : « Désolée, il n'y a rien pour vous en ce moment. Tout est dans la vitrine. » Sur la vitrine, les annonces. L'homme les parcourt fiévreusement, puis repart. Tout n'est pas sombre pour autant. Laëtitia Parfait, chargée d'affaires chez Manpower commente : « Aujourd'hui le marché de l'emploi est fluctuant. Depuis une semaine, dans l'automobile notamment, les sous-traitants cherchent de nouveau à employer. C'est la même chose dans l'agro-alimentaire, l'un des secteurs les moins touchés par la crise. » Par contre, dans le bâtiment, rien ne va : « Depuis plusieurs semaines, les marchés sont très bas. » Chez Manpower, des outils de testing permettent même de sélectionner les candidatures pour ne conserver que celles susceptibles de convenir au bassin d'emploi. Dans les autres agences d'emploi viroises, on a fait le choix d'accepter toutes les candidatures, quitte à ce que les demandeurs changent de secteur. « Aujourd'hui, pour trouver un emploi il faut être souple, mobile et polyvalent », explique Sylvie Néel pour Randstad. « La qualification aussi est très importante. » Mieux vaut être spécialisé dans le bon domaine. « Il y a deux ans on demandait des soudeurs et on ne trouvait personne. Aujourd'hui, il y a des soudeurs qui cherchent du travail et plus d'offre. En revanche, les agents de conditionnement et d'emballage et les techniciens automobile sont très prisés », selon l'agence Supplay. « Nous parvenons à placer un tiers de nos demandeurs et il y a une centaine de demandes par mois », nous explique-t-on dans une autre agence d'intérim. Rose, 51 ans, attend la formation que lui a proposée le Pôle emploi. Pour travailler dans le service à la personne. « J'espère que ça m'aidera mais je dois encore attendre des semaines. » Source : Ouest-France, 07/05/2010 |