La reprise sur le marché du travail s'est poursuivie au troisième trimestre. Mais cette hausse s'expliquepar le recours à l'intérim. Prudence pour 2011. Alors que l'activité économique a ralenti durant l'été, la hausse de l'emploi salarié a continué dans les secteurs marchands. Près de 19 200 créations nettes d'emploi ont été enregistrées au troisième trimestre, selon les chiffres de l'Insee publiés hier. Depuis janvier, l'économie française a créé 74 400 emplois. C'est un progrès, après une année 2009 catastrophique, qui avait vu la destruction nette de 334 000 postes, le pire recul depuis l'après-guerre.
Reste que les incertitudes demeurent pour pouvoir parler d'une reprise durable. D'abord, parce que le rythme de création a ralenti par rapport au second trimestre, durant lequel 38 600 emplois avaient été créés. Le recul de l'emploi dans l'industrie se poursuit au même rythme qu'au trimestre précédent (- 16 600 postes), tandis que le secteur de la construction se stabilise.
L'incertitude demeure aussi parce que l'intérim est le principal moteur de cette relative embellie du marché de l'emploi. Il représente à lui seul 22 400 des créations de postes au troisième trimestre (103 000 sur un an). Or, la création d'emplois durables est subordonnée à une certaine confiance dans l'avenir, ce que les prévisions pour 2011 ne montrent pas vraiment.
Pôle emploi prévoit une baisse du nombre des demandeurs d'emploi pour l'année prochaine, mais se montre prudent. La politique de réduction des déficits pourrait avoir des conséquences sur l'investissement et la consommation, donc sur l'emploi. « La conjoncture est extrêmement difficile à maîtriser », souligne le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, qui s'interroge sur « l'influence des désordres monétaires en Europe ». Le taux de chômage est resté stable au troisième trimestre, à 9,6 % de la population active.
Source : Ouestfrance.com |