La Mission locale de Pornic (Loire-Atlantique) a organisé un échange entre des demandeurs d'emploi de 16 à 25 ans et des recruteurs d'une agence intérimaire. « L'intérim, c'est un travail sans avenir », juge Sylvain, jeune chômeur de 18 ans. « L'intérim, ça dépanne », estime Raphaël, 24 ans, et également à la recherche d'un boulot en attendant de faire un bac pro vente à partir de septembre. Même démarche pour Romain. Il a un CAP de boulanger, mais vise un bac pro commerce, en septembre. Julien cherche une nouvelle orientation après un BEP peinture. « Ça me plaît moins. » Il a déjà fait des missions en intérim. En face de ces jeunes demandeurs d'emploi, Audrey et Raphaële expliquent, conseillent. Elles sont assistantes de recrutement dans une agence intérimaire de Pornic. Première intervention : casser l'idée que l'intérim est forcément synonyme de précarité. « L'intérim, ce n'est pas forcément des missions de courte durée. Ça dépanne, oui, mais on propose aussi des contrats sur 18 mois. On fait également du recrutement en CDD et CDI. » Visiblement, les jeunes l'ignoraient. La rencontre a été organisée par la mission locale de Pornic. « Nous suivons 370 intérimaires à Pornic, présente Raphaële. 46 % ont moins de 25 ans. » « Le marché de l'emploi est difficile. Nous avons beaucoup d'inscrits et peu de missions à offrir », admet Audrey. La rémunération, les congés, les indemnités, les tests... tous les sujets sont abordés. « Peut-on faire de l'intérim quand on est mineur ? », questionne Louis, 17 ans. Il aimerait être « animateur ou éducateur spécialisé ». L'assistante de recrutement lui précise qu'un mineur peut travailler en intérim, « mais il y a davantage de contraintes pour les employeurs, notamment le travail de nuit est interdit. Donc souvent les entreprises sont réticentes ». Plus facile quandon a des qualifications Dans la région de Pornic, l'agroalimentaire, les entreprises de manutention, le bâtiment et les travaux publics ont recours à l'intérim. L'hôtellerie, la restauration et le commerce aussi. Le tertiaire ? Moins. « On a plus de chances de trouver si on des qualifications précises, et si on arrive avec un projet professionnel, insiste Raphaële. On voit trop souvent des jeunes venir en agence d'intérim et dire « Moi, je cherche dans tout, peu importe ». Ce n'est pas forcément un signe de grande motivation. Il est important de savoir ce qu'on a envie de faire, ce qu'on est capable de faire en fonction de sa personnalité, de ces centres d'intérêts, de ses compétences. » En évitant d'être trop exigeant, sur les horaires, les salaires ! En même temps, sans être la panacée, l'intérim peut permettre de toucher à plusieurs métiers et de lancer la vie professionnelle d'un jeune dans l'impasse, avec une faible qualification et peu d'expérience. Qui plus est dans une société qui demande de la polyvalence, de l'adaptabilité, dans laquelle les carrières ne sont plus forcément linéaires. « Toute expérience est bonne à prendre, admet Audrey. On peut aussi apprendre à aimer un métier en l'exerçant. » « Ne pas être défaitiste » Sylvain a essuyé beaucoup de refus d'employeurs. Il est découragé. « Mon CV n'est pas accrocheur, j'ai peu d'expériences. » Audrey intervient. « Surtout, il ne faut pas être défaitiste, ne pas baisser les bras, ne pas désespérer. » L'assistante de recrutement sait de quoi elle parle. Avant d'être embauchée, et après des études en psychologie, elle a connu neuf mois de chômage, la mission locale, et des centaines de courriers sans réponse. « C'est vrai, il y a parfois du découragement, mais un jour, ça paie. » Audrey et Raphaële multiplient les conseils précieux sur le CV, la lettre de motivation.« Soyez honnêtes, ne trichez pas sur votre CV. Car on fait des contrôles auprès des anciens employeurs. Évitez aussi les fautes d'orthographe. Insistez sur vos compétences. » Le comportement est crucial. « Dans cette période difficile pour l'économie, avec beaucoup de demandeurs d'emploi, vous devez vous démarquer en faisant la différence sur le savoir-être. » Se présenter à l'heure à un rendez-vous, dans une tenue correcte, couper le téléphone portable pendant l'entretien avec un recruteur. Il faut soigner le relationnel aussi. « 40 % des jobs trouvés le sont via le réseau de connaissances. » Source : Christophe Jaunet, Ouest-France, 21 janvier 2010 |