Les professionnels interrogés soulignent tous une reprise de l'activité intérimaire qui, sans être revenue à son point culminant de 2008, retrouve de bons niveaux de commande depuis l'an dernier. Le premier trimestre 2011 a gagné 19,5% d'effectifs par rapport à la même période en 2010, selon le baromètre Prisme des professionnels de l'intérim, des services et métiers de l'emploi. « Nous cherchons beaucoup de candidats, le marché du travail redémarre en utilisant le travail temporaire, confirme Françoise Gri, présidente de ManpowerGroup France. Les demandes de contrats à durée indéterminée (CDI) reprennent aussi, ce qui montre que les employeurs ont confiance dans leur activité. » L'industrie, avec 51,6% d'intérimaires, arrive en tête des secteurs ayant recours au travail temporaire. « Après avoir perdu 40% de leurs effectifs intérimaires fin 2008, les industriels font de nouveau appel au travail temporaire pour assurer le retour à la normale de la production », explique Cédric Leva, directeur de l'Observatoire des métiers et de l'emploi (OME). Des agents et des opérateurs de production, des conducteurs de machines, des soudeurs, mais aussi des tourneurs-fraiseurs ou des chaudronniers pour la métallurgie sont recherchés par toutes les industries : agroalimentaire, aéronautique, chimie, automobile... Au premier trimestre 2011, les effectifs intérimaires dans le secteur de l'industrie ont augmenté de 30,7% par rapport à l'année précédente. Pour le BTP, deuxième grand secteur dans l'intérim (14,4%), la crise s'est fait sentir plus tard, en 2010. « Nous sentons la reprise, environ 3% de plus que l'an dernier, le second semestre de cette année et 2012 devraient être plus favorables », prévoit Martial Canuet, manageur de centre expert et responsable de l'emploi intérimaire BTP chez Randstad. En un an, la part des effectifs en intérim y a augmenté de 12%. Deux autres secteurs se distinguent également : le transport-logistique (9%) et le tertiaire (services, 15,9%). Le premier, dépendant de l'industrie, repart lui aussi avec des besoins en conducteurs routiers, préparateurs de commandes, caristes, manutentionnaires, magasiniers, opérateurs logistique. Le tertiaire quant à lui, qui tend à prendre une part de plus en plus importante dans le travail temporaire, recrute téléconseillers et téléopérateurs en centre d'appels, mais aussi personnels pour l'administratif, la gestion, la comptabilité ou le conseil. Les effectifs intérimaires dans les services ont augmenté de 10,1% en ce début d'année. Tendance lourde dans l'intérim, la montée en qualifications est demandée par toutes les entreprises clientes. « Depuis trois ans, la part d'ouvriers qualifiés dépasse la part des non-qualifiés, observe Denis Lullier, directeur des activités au Fonds d'assurance formation du travail temporaire (FAF. TT), les intérimaires ont donc intérêt à entretenir leur capital compétences, ils ne doivent pas hésiter à solliciter une formation. » Autre marqueur de la tendance à la professionnalisation, l'augmentation de la part des cadres : en région Ile-de-France, avec les professions intermédiaires, ils représentent 20,2% des effectifs intérimaires. « Dans notre réseau, les cadres intérimaires sont principalement employés par l'ingénierie industrielle, informatique ou télécom, et les métiers de la comptabilité, finance, commercial et marketing », détaille Didier Gaillard, directeur général d'Expectra, filiale de Randstad dédiée aux cadres et professions intermédiaires. Sur un an, au niveau national, les recrutements de cadres et de professions intermédiaires ont augmenté de 23%, les embauches d'ouvriers qualifiés, de 23,6%. « Si les principaux postes de l'industrie sont encore très recruteurs aujourd'hui, d'autres secteurs méritent l'attention pour une vision à moyen-long terme, analyse Christophe Catoir, directeur général opérationnel d'Adecco. Ce n'est pas dans l'industrie que l'on s'attend à trouver le plus d'emplois à long terme. Le secteur transport-logistique cherche beaucoup de personnes et le diplôme est peu discriminant à l'entrée, la construction a une activité forte et des besoins importants, y compris dans les fonctions administratives, supports et commerciales. De plus, leur politique salariale est attractive. La stabilité du tertiaire, qui concentre d'ailleurs 60% des recrutements permanents, offre quant à elle moins de tensions et de risques. » Autant d'opportunités à saisir. Source : Le Parisien.fr, 16/06/2011 |