Après une année 2009 difficile, avec un profit divisé par plus de 3, à 7,4 millions d'euros, le groupe de services en ressources humaines vise une croissance de 15 % en 2010, avec la reprise dans l'intérim. Dans un contexte de chute du marché de l'intérim, Groupe Crit a accusé un recul sensible de ses résultats l'an dernier. La société, dont la direction a présenté hier les comptes 2009, a ainsi enregistré un résultat opérationnel de 13,7 millions d'euros, contre 44,4 millions un an auparavant, pour un chiffre d'affaires consolidé de 1,12 milliard, en repli de 22,3 %. Quant à son résultat net part du groupe, il a été divisé par plus de 3, à 7,4 millions d'euros. Principale branche du groupe, le pôle « travail temporaire et recrutement » en France a vu ses revenus baisser de 25,6 % (à 864,7 millions), une évolution en ligne avec le marché et même légèrement meilleure que celle qu'ont connue les grands acteurs du secteur. La direction souligne « une amélioration graduelle » au cours de l'année, la diminution passant de 33,5 % à 10,6 % entre les premier et quatrième trimestres. Simultanément, le chiffre d'affaires de l'activité à l'international a fléchi de 18,8 % (à 78,9 millions), l'Espagne -qui en a généré un peu plus de la moitié -étant le pays le plus affecté (-29 %). A contrario, le pôle multiservices de Groupe Crit, principalement alimenté par les services aéroportuaires, a mieux résisté, à -4,2 % (190,3 millions). Du fait du fléchissement dans l'intérim, l'entreprise a mis en place un plan d'économies représentant 10 millions d'euros avec, entre autres, le non renouvellement des CDD, le non remplacement des salariés en CDI partis, le regroupement de 32 agences en France (373 actives à la fin 2009), et une restructuration de son mini-réseau espagnol. Effet de base favorable Ce plan sera l'un des facteurs d'amélioration de sa rentabilité en 2010, l'heure étant à la reprise. Les effectifs placés ont crû de 6 % au premier trimestre, et de 12,5 % en mars, précise la présidente de Crit Intérim, Nathalie Jaoui, par ailleurs directrice générale déléguée du groupe. Tout en reconnaissant un effet de base favorable, elle constate une « accélération », le second semestre devant être « meilleur ». La dirigeante reste toutefois « prudente », car la visibilité manque encore. Nathalie Jaoui estime que Crit « ne retrouvera pas son niveau d'activité de 2008 avant fin 2011 », précisant que « cela signifie récupérer 25 % de chiffre d'affaires ». Elle espère faire la moitié du chemin cette année « avec une croissance de l'ordre de 15 % » et table par ailleurs sur une « amélioration des résultats en 2010 ». La situation financière saine de Groupe Crit, avec un ratio dettes financières/capitaux propres de 0,4 , le met en « bonne position », avec « la possibilité de faire de la croissance externe », observe Nathalie Jaoui. La société, qui dispose par ailleurs d'une capacité d'engagement de 75 millions, peut se renforcer dans le travail temporaire en Europe (Pays-Bas, Belgique, Italie), le recrutement, le reclassement, notamment. Source : Christophe Palierse, Les Echos, 15/04/2010 |