 | | | « L'intérim s'est bien porté en 2007 » | | | Plus de 600 entreprises de travail temporaire sont adhérentes au Prisme. François Roux, son Délégué Général, nous dresse le bilan de l'année écoulée. | |
Quel bilan pour l'intérim en 2007 ?
L'intérim s'est bien porté en 2007. Cependant, l'année a été contrastée, avec un très bon premier trimestre suivi d'un léger ralentissement de l'activité. Le nombre d'intérimaires a augmenté de 3,2 %, dont un peu plus de 630 000 équivalents temps plein, ce qui représente une hausse de 5 % par rapport à 2006. L'intérim a donc créé 30 000 emplois. Le chiffre d'affaires des entreprises est lui aussi en augmentation, avec 21,7 milliards d'euros, soit 6,5 % de plus que l'année précédente. Le tableau est-il homogène au niveau régional ?
Non, il y a de fortes disparités régionales. La Champagne-Ardenne, la Franche-Comté et la Bourgogne, par exemple, sont des régions où l'intérim est en forte hausse, en partie grâce à leurs activités industrielles (mécanique, automobile...) Nous notons un ralentissement dans le sud de la France, en PACA et Midi-Pyrénées, tandis que la région Rhône-Alpes reste dans la norme. Par contre, l'Ile-de-France est en dessous de la moyenne nationale et stagne depuis deux ou trois ans. Certains candidats sont prêts à changer de région s'ils se voient offrir une longue mission. Nous avons donc mis en place des aides à la mobilité. Sous certaines conditions, les intérimaires peuvent bénéficier de différents services : prise en charge du déménagement, des frais d'agence immobilière, du permis de conduire... Quels secteurs recrutent le plus ?
Plus que le tertiaire, ce sont le bâtiment et l'industrie qui tirent l'activité. 1 intérimaire sur 5 travaille dans le BTP. La forte progression enregistrée par le bâtiment en 2007 commence à se tasser depuis la fin de l'année. Transport logistique, automobile, aéronautique sont aussi des secteurs à l'activité soutenue. En règle générale, il y a beaucoup d'offres et peu de candidats dans les métiers en tension. Le BTP et l'hôtellerie restauration, bien sûr, mais aussi dans des métiers plus spécialisés auxquels on ne pense pas, comme comptable spécialiste en gestion de la paye, par exemple. L'intérimaire type existe-t-il encore ?
Nous constatons une élévation générale du niveau de qualification. Même si aujourd'hui l'ouvrier qualifié reste la catégorie majoritaire, le niveau de l'intérimaire moyen est en progression. Le nombre de cadres, de seniors et d'intérimaires de management augmente constamment. Aujourd'hui, les entreprises raisonnent par projet. Un projet égale une mission égale un cadre. Quant aux seniors, différentes raisons les amènent à l'intérim : se relancer après une rupture de carrière, acquérir des points retraite, profiter de l'indépendance qu'offrent les missions... L'intérim correspond de plus en plus à un compromis entre flexibilité et sécurité pour l'entreprise comme pour le salarié. Le placement et le recrutement : une belle opportunité pour les agences ?
Nous avons effectué près de 45 000 recrutements en 2007, soit deux fois plus qu'en 2006. Le placement et le recrutement complètent la gamme de services RH qu'offrent les agences. Le placement est un vrai travail de coaching et d'accompagnement du demandeur d'emploi. Nicolas Sarkozy a annoncé le Plan Banlieue : un appel d'offres va être lancé pour accompagner 40 à 50 000 jeunes, issus de quartiers difficiles, vers l'emploi, sur trois ans. Nous nous engageons ainsi à faire une évaluation de leurs compétences, à les former puis à leur trouver un emploi pour au moins 6 mois à la fin. L'année 2007 a-t-elle vu de nouvelles avancées sociales ?
Nous sommes en train de négocier pour l'amélioration de la prévoyance. Des accords sur la diversité ont aussi été passés en 2007 afin de favoriser le recrutement de personnes d'origines variées. Dans chaque entreprise, il y a maintenant un référent diversité vers qui se tourner en cas de problème. Ce sont souvent les clients qui ont des demandes à caractère discriminatoire, mais en tant qu'employeur, c'est nous qui sommes tenus pour responsables. Ce type d'exigence devient moins fréquent et va de pair avec une prise de conscience générale, mais elle existe toujours. Nous avons même édité un guide « Comment convaincre un client de ne pas discriminer ». Se dirige-t-on vers une concentration des groupes ?
Le rachat de Vediorbis par Randstad est un mariage mondial sur des critères de rentabilité, de compétitivité, de pénétration des marchés, de complémentarité... Randstad devient ainsi numéro deux mondial du secteur, dépassant Manpower. Mais en France, étant donné l'importance des deux réseaux, à l'inverse du niveau mondial, le plus petit rachète en fait le plus gros. Le nouveau groupe Vediorbis-Randstad est donc numéro trois en France, alors que Randstad était à la septième place et Vediorbis déjà à la troisième. Quelles sont les perspectives pour 2008 ?
Nous allons vers une pénurie de main-d'œuvre. Et par conséquent, vers le développement de l'immigration économique : une immigration choisie et professionnelle. Déjà, les grands réseaux recrutent via leurs filiales à l'étranger, notamment en Europe de l'Est (Pologne, République tchèque...). Pour pallier ces manques et l'inadéquation entre l'offre et la demande, nous travaillons aussi en amont avec nos clients pour définir leurs besoins et financer des formations accessibles à tous les intérimaires. Propos recueillis par Magali Morel
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