Selon Arnaud de la Tour, président des Professionnels de l'intérim, des services et métiers de l'emploi (PRISME), PDG de l'entreprise Minerve. Quelle est la situation de l'emploi intérim aujourd'hui ? L'emploi intérim repart plutôt bien. En 2008, l'activité avait baissé de 30% et nous avions perdu 240000 intérimaires en équivalents temps plein. Ce chiffre est à mettre en perspective avec les 653 000 personnes qui travaillaient au plus haut de l'activité avant la crise. Aujourd'hui, nous sommes remontés à 600000 équivalents temps plein. Il nous manque donc encore 50000 à 60000 personnes. Qu'en est-il de l'activité de recrutement en CDD et CDI que vous permet désormais la loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005 ? Les professionnels de l'intérim sont devenus les premiers acteurs en masse du recrutement. 53000 personnes ont été recrutées en 2008, dont 72% en CDI. Nous avons créé un marché en région, auquel peuvent recourir les PME pour recruter dans toutes les catégories de métiers, employés, ouvriers qualifiés et non qualifiés, cadres aussi. Les jeunes et les entreprises nous identifient désormais facilement comme recruteurs. L'intérim sert-il de tremplin vers l'emploi durable ? Oui. Les jeunes, qui sont surreprésentés dans notre secteur, sont 61% à trouver un emploi en CDD ou CDI après une mission en intérim. De manière générale, c'est le meilleur moyen pour rentrer dans l'emploi, ou revenir dans l'entreprise pour les seniors. Au moment du redémarrage après une période de crise, c'est une bonne façon de valoriser ses compétences. De plus, les intérimaires ont connu différentes entreprises, et développent une large capacité d'adaptation et une grande expérience. 15 à 20% des personnes choisissent l'intérim comme mode de travail. Les autres s'en servent comme d'un marchepied pour l'emploi. Source : Le Parisien.fr, 14/06/2011 |