L'activité des entreprises semble dans une bonne dynamique depuis le début de l'année. Le travail temporaire en récolte-t-il les fruits ? Tour d'horizon avec des agences d'intérim des Herbiers, en Vendée. L'année 2009 avait été morose. La tendance s'inverse depuis le printemps. « Le moral est meilleur dans les entreprises », constate Christian Droillard, responsable de Randstadt Vediorbis. Effet immédiat : les agences d'emploi (nouvelle dénomination des agences d'intérim) voient elles aussi leur activité repartir à la hausse. Dernier moment Tous restent prudents : « On sent que les entreprises manquent de visibilité. Leurs carnets de commandes ne sont pas pleins. Elles prennent peu de salariés en CDD et préfèrent jouer la sécurité avec l'intérim », résume Séverine Quillaud, d'Adia. Résultat : les missions sont plus courtes, souvent d'une semaine, puis renouvelées en cas de besoin. Les agences sont souventsollicitées au dernier moment.Chose classique dans lesecteur. Mais le climat incertain raccourcit encore les délais. « On le remarque aussi dans le tertiaire en secrétariat, assistanat commercial Même pour des remplacements de congés maternité », relève-t-on chez Adia. Reprise inégale « Tous les secteurs ne sont pas entrés en crise en même temps, relève Raphaël Savin, responsable de Start People. Les agences d'emploi qui sont généralistes ont eu plus de chance de garder la tête hors de l'eau lors de cette période difficile. » Depuis mars, la croissance de l'activité dans le nautisme et les ouvertures (fenêtres, portes) booste les agences. Près de 400 intérimaires ont trouvé du travail par ce biais, comme agents de fabrication, monteurs, stratifieurs, à la manutention ou aux expéditions. « Ces entreprises sont très demandées, indique Séverine Renaux, de Manpower. Les intérimaires se positionnent dans le but d'être embauchés. » « L'industrie métallurgique, très éprouvée en 2009, repart très fort », note Patrice Vinet, délégué régional de Prisme, le syndicat de l'intérim, et responsable de Synergie. La demande de main-d'oeuvre dans l'agroalimentaire ne cesse de progresser dans tous les secteurs : viennoiserie, produits traiteurs, volailles. Le bâtiment, lui, fait une rentrée timide. Manque de qualifications Le taux de chômage est retombé à 5,6 % dans le bocage. Même si les 3,3 % de 2008 ne sont pas atteints, le pourcentage flirte avec celui dit de « plein-emploi ». Bonne nouvelle, certes. Mais les agences se retrouvent confrontées au même souci qu'il y a trois ans : « Il y a pénurie de main-d'oeuvre qualifiée »,souligne le responsable de Randstadt Vediorbis, comme tous ses concurrents. Les agences recherchent des électriciens, des maçons, des menuisiers, des soudeurs, tourneurs fraiseurs « On a beaucoup de demandes qu'on n'arrive pas à servir,résume Séverine Quillaud chez Adia. Nombre de candidats ont des bagages, mais malheureusement pas dans ce qui nous intéresse. » « Même la main-d'oeuvre non qualifiée se fait rare », ajoutent certains. Les agences souffrent de l'inadéquation entre les besoins des entreprises et les et les profils des demandeurs d'emploi. Source : Ouest-France, Roselyne Séné, 12/10/2010 |