La direction régionale de Pôle emploi vient de diffuse les chiffres de l'emploi en Bourgogne. Quoique partielles, les données concernant l'emploi intérimaire donnent une tendance de la situation économique de la région. Entre septembre 2009 et septembre 2010, l'intérim enregistre une hausse de 18 %. Une bonne nouvelle qui ne doit pas cacher une réalité contrastée : « Même avec cette tendance haussière, on n'a pas retrouvé la situation d'avant la crise. On en est même très loin », commente Laurent Letourneaux, président de Phénix intérim et responsable local de Prisme, syndicat professionnel des agences d'intérim et de l'emploi. À l'automne 2008, l'emploi intérimaire était en baisse de 10 à 15 % par rapport à 2007. Un affaissement alors imputé à la situation du bâtiment et des travaux publics qui pâtissaient du ralentissement des investissements en Saône-et-Loire. L'industrie n'est pas repartie Quant à l'industrie, « l'activité est loin d'être vraiment repartie », juge Laurent Letourneaux. La Bourgogne est parmi les régions qui ont le plus souffert en 2008. Sur Chalon, des locomotives comme Areva ont joué un rôle d'amortisseur mais pas de moteur pour la reprise de l'emploi. Les chiffres cumulés depuis janvier 2010 font apparaître une hausse des intérimaires de 12,5 %. Mais les entreprises manquent de visibilité dans le temps et se contentent de recourir à l'emploi intérimaire plutôt que d'investir dans des emplois durables. « De nombreuses entreprises ont subi des plans sociaux l'an dernier. Avec le début de reprise, elles recourent de nouveau à l'intérim, confirme l'expert. On est passé d'une période vraiment compliquée à une tendance plutôt réjouissante », même si la création d'emplois va traditionnellement plus lentement que leur destruction. Pour finir sur une note positive, le chef d'entreprise note qu'« il n'y a pas de raison pour que la hausse de l'intérim depuis six mois ne se poursuive pas ». Bonne nouvelle : avec cette augmentation modérée, les agences n'ont pas de mal à répondre à la demande de main-d'œuvre. Source : Le journal de Saône-et-Loire, 26/10/2010 |