| Alors que le taux de chômage a augmenté de 0,6 %, le travail temporaire enregistre une nouvelle hausse d'activité en mai. Un signal fort qui, sans être infaillible, permet d'espérer une reprise économique généralisée. En matière d'intérim, comme en tout, il arrive que les nouvelles se suivent et se ressemblent et que les chiffres soient têtus. Au sens le plus heureux du terme. Après avoir connu une progression de 18 % en avril, le marché du travail temporaire vient encore, selon François Roux, le délégué général de Prisme, la fédération professionnelle du secteur, d'enregistrer en mai une hausse de 18 %. « Il y a quelques semaines, précise-t-il, nous avions bien constaté cette belle progression, mais nous étions conscients qu'elle s'établissait par référence à avril 2009, qui avait subi une chute de 36 %, dans un contexte extrêmement dégradé. Aujourd'hui, nous avons la preuve que la tendance positive s'est consolidée, d'autant que les chiffres enregistrés en mai marquent le 4e mois consécutif de hausse. » Des données d'autant plus intéressantes que le travail temporaire est souvent considéré comme un indicateur qui anticipe bien l'évolution du marché de l'emploi et même de l'ensemble des activités économiques. Selon les informations que vient de recueillir la fédération professionnelle, le redressement de l'activité du travail temporaire se vérifie tout particulièrement dans l'industrie automobile, de même que dans les zones géographiques qui ont le plus souffert de la crise l'an passé. Cas de la Franche-Comté, de la Lorraine, de l'Alsace, ou encore des régions Rhône-Alpes et Champagne-Ardennes. Recrutements en hausse En outre, les agences d'intérim, autorisées depuis 2005 à placer les candidats en CDI (contrat à durée indéterminée), se réjouissent de constater une hausse sensible des recrutements, qui s'est établie en mars, dernier décompte officiel, à près de 30 % et concerne toutes les qualifications (15 % des contrats d'embauche correspondent à des postes de cadres). Reste cependant à déterminer si, sur fond de chômage à un niveau élevé - le nombre d'inscrits à Pôle emploi a augmenté en avril de 15.700 pour avoisiner 2,7 millions en métropole, soit un taux de progression de 0,6 % -, cette embellie aura un caractère durable et surtout si elle se soldera, de manière concrète et indiscutable, par une relance généralisée. « On sent une reprise, mais il convient de se montrer très prudent, analyse pour sa part Aline Crépin, la directrice de la communication du groupe Randstad France, l'un des acteurs majeurs dans l'univers de l'intérim. Il est sans doute un peu tôt pour parler de reprise pérenne. En raison notamment de la saisonnalité de l'activité, ce n'est qu'en septembre que l'on saura si la croissance est vraiment de retour. » Source : France-Soir, Jean-Pierre Thiollet, 31/05/2010 |