La reprise du marché du travail en France s'est poursuivie au troisième trimestre mais sur un rythme ralenti et principalement grâce à l'intérim, ce qui ne permet d'espérer qu'un reflux limité du chômage en 2011, montrent les derniers chiffres publiés par l'Insee et Pôle Emploi. L'emploi salarié marchand a augmenté de 0,1% sur la période juillet-septembre, son troisième trimestre consécutif de reprise selon les statistiques de l'Insee. Un chiffre divisé par trois par rapport à la première estimation publiée le mois dernier. L'institut a comptabilisé 19.200 créations nettes de postes (contre 44.600 en première estimation) dans les secteurs principalement marchands au troisième trimestre, après 38.600 créations au deuxième trimestre et 16.600 au premier. Sur un an, l'emploi salarié marchand progresse de 0,4%, ce qui équivaut à 69.300 créations de postes. "Hors intérim, l'emploi se stabilise après avoir augmenté au deuxième trimestre (-3.200 postes ce trimestre après +11.000)", précise l'Insee. L'intérim reste donc le principal soutien du marché de l'emploi dans l'Hexagone : il représente à lui seul 22.400 créations de postes au troisième trimestre et 103.300 sur un an. La hausse dans les services hors intérim a au contraire nettement ralenti sur juillet-septembre, avec 14.200 créations d'emplois contre 30.100 sur avril-juin. Au total, la hausse de l'emploi dans le secteur tertiaire est revenue à 0,3% au troisième trimestre après 0,5% au deuxième. L'emploi industriel, lui, n'a pas terminé sa purge, avec 16.600 destructions au troisième trimestre (-0,5%) après 16.500 au deuxième. Les secteurs du textile-cuir, des équipements industriels et des matériels de transport figurent parmi ceux qui continuent de réduire les effectifs à un rythme soutenu, montrent les chiffres détaillés de Pôle Emploi. L'INTÉRIM RESTE LE PREMIER SOUTIEN À L'EMPLOI Parallèlement, la construction, durement touchée par la crise en 2009, voit ses effectifs tout juste stabilisés, avec 800 suppressions de postes sur trois mois contre 2.600 sur avril-juin. Pôle Emploi fait état pour sa part d'une hausse de 0,1% de l'emploi salarié au troisième trimestre, soit 20.200 créations de postes. Sur un an, l'emploi salarié affilié à l'assurance chômage est en hausse de 92.200 (+0,6%). Les chiffres de Pôle Emploi ne correspondent pas exactement à ceux de l'Insee en raison d'un champ statistique différent, puisqu'ils portent sur les entreprises affiliées à l'assurance chômage. Mais ils soulignent eux aussi l'influence prépondérante de l'emploi intérimaire: même si la tendance s'atténue, hors intérim, l'emploi est en baisse pour le huitième trimestre consécutif. Si les postes d'intérim étaient réaffectées dans les secteurs concernés, le bilan sectoriel serait fortement modifié, explique Pôle Emploi: l'industrie enregistrerait une hausse de 0,1% de ses effectifs au lieu d'une baisse de 2,6%, la construction une progression de 0,2% au lieu d'un recul de 0,7% et la croissance des effectifs du tertiaire serait divisée par deux, à 0,8%. Sur la base des 80.000 créations nettes d'emplois enregistrées sur les neuf premiers mois de l'année, Pôle Emploi anticipe 93.000 créations sur l'ensemble de 2010, après 255.000 suppressions de postes en 2009. LE CHÔMAGE PEINERA À BAISSER EN 2011 Ce mouvement s'accompagne logiquement d'une décélération du chômage : l'augmentation mensuelle moyenne du nombre de chômeurs en catégorie A est tombée autour de 5.000 en octobre contre 30.000 environ en début d'année et plus de 40.000 au plus fort de la crise en 2009. Mais "les créations nettes d'emplois observées sur les trois premiers trimestres de 2010 restent faibles au regard des nouvelles entrées sur le marché du travail et ne permettent pas une baisse significative du chômage", reconnaît Pôle Emploi. Et ses prévisions pour 2011 reflètent cette faiblesse persistante: dans la meilleure des hypothèses qu'il a retenues, celle d'une croissance de 2,0% correspondant à la prévision du gouvernement, l'économie créerait 130.000 emplois, soit une hausse de 0,8%, et le nombre des demandeurs d'emploi de catégorie A diminuerait de 94.000. A l'opposé, une croissance limitée à 1,2% en 2011 ne permettrait que 45.000 créations de postes et une diminution de 9.000 des effectifs du chômage. Dans le scénario intermédiaire, celui d'une croissance de 1,6%, Pôle Emploi table sur 88.000 créations d'emplois et une baisse de 52.000 du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A. Selon les calculs de Reuters, ces chiffres permettraient de ramener le taux de chômage à 8,9% fin 2011 dans la meilleure des hypothèses mais à 9,2% seulement en hypothèse basse, contre 9,3% attendu à la fin de cette année. Une perspective mitigée qui n'entame pas pour l'instant le volontarisme du gouvernement: après Nicolas Sarkozy, qui assurait le mois dernier que "le chômage reculera l'année prochaine", son nouveau ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand, a présenté la semaine dernière la baisse du chômage comme "une obligation de résultat". Source : Reuters, 09/12/2010
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