Les agences d'intérim locales sont plus ou moins sorties de la crise qui les a frappées en 2009. Mais elles restent confrontées à de grosses incertitudes.
On vit au jour le jour. Séverine Tortissier, responsable de l'agence Agentis de Châtellerault, n'a pas vraiment le sourire quand on lui demande comment se porte l'intérim à Châtellerault. « La reprise qu'on attendait pour 2010 n'est pas au rendez-vous. On a connu un bon dernier trimestre 2009, plein d'espoirs. Mais fin janvier, le marché a encore dégringolé. Depuis, c'est très fragile. » A Védiorbis et Adecco, le constat est à peu près identique : « C'est mieux que la période septembre 2008 - septembre 2009, mais ce n'est pas l'euphorie, note la responsable de la première. D'une semaine sur l'autre, c'est très irrégulier. » « On sent un frémissement, mais il reste beaucoup d'incertitudes, continue Nathalie Landreau, qui dirige Adecco. Les sociétés font appel à nous, mais de manière irrégulière et pour des contrats courts. »
La tendance est aux contrats d'intérim courts
Cette tendance des entreprises à solliciter des « petits » contrats d'intérim n'aide pas à la sérénité. Pour Séverine Tortissier, c'est la preuve que « les entreprises n'ont aucune visibilité et (que) leur santé financière est très fragile. Il va falloir avoir les reins solides pour passer 2010. Et du coup, pour elles, pas question pour l'instant de s'engager à moyen terme. » La responsable de Vediorbis abonde : « Même dans les communes, les chantiers semblent en suspens. Les explications ? On ne les maîtrise pas forcément : les élections, les incertitudes sur l'après-taxe professionnelle, les budgets... ? » Dans ce contexte, les missions dans l'agroalimentaire se maintiendraient à un niveau correct. L'industrie et le bâtiment, en revanche, semblent plus à la peine, même si certains gros industriels comme Valeo ou Fenwick ont fait beaucoup appel, ces derniers temps, à l'intérim. Autre constat, alors que les missions « classiques » souffrent, celles plus qualifiées semblent tirer leur épingle du jeu. Et pour cause, croit Nathalie Landreau : « Même sur ces postes, les entreprises préfèrent faire appel à nous, plutôt que de s'engager sur un CDD ou carrément un CDI », Paradoxalement, certaines offres ne trouveraient pas preneur, selon Séverine Tortissier. C'est le cas des couvreurs, très demandés par la région dans le cadre de ses projets photovoltaïques. « A côté de ça, on gère des détresses de plus en plus grandes au quotidien », déplore-t-elle. Source : La Nouvelle République, Anthony Floc'h, 05/04/2010