Coup marketing ou réel souci de trouver du travail ? La société d'intérim Triangle a lancé un bus à travers la France. L'objectif : proposer des emplois. Tout en faisant un peu de publicité... L'idée est simple et permet de jouer sur la proximité. La société d'intérim Triangle a trouvé la bonne formule pour démarcher les demandeurs d'emploi de l'hexagone, tout en faisant parler d'elle. Et cette formule est simple. Elle tient en trois mots : bus-de-l'emploi. « On organise des tournées de deux ou trois jours à intervalle d'une semaine », explique le chauffeur-responsable, derrière son volant. Éric Boulogne explique le concept : « L'idée a été lancée il y a trois ans. Depuis, le bus parcourt entre 30 000 et 40 000 kilomètres par an ». Un parcours qui se fait au gré de la soixantaine d'agences réparties sur tout le territoire français. « On récupère des conseillers dans des agences locales Triangle, et on va à la rencontre des demandeurs d'emploi dans les alentours pour faire du consulting. » Seul véhicule à sillonner les routes pour proposer du travail (et, au passage, promouvoir les agences Triangle), la démarche est qualifiée de « sympa et conviviale » par la plupart des visiteurs du bus. Coup marketing ou moteur d'emploi ? Sympathie et convivialité, les deux atouts qui rompent avec l'aspect très solennel de la recherche d'emploi. « Cela permet aussi aux recruteurs de nos agences locales de travailler dans un cadre d'échange un peu plus original. » Et la formule marche. Arrivé à 9 h 30, le car attire les regards, suscite la curiosité, et facilite les conversations dans la rue : « Ah, c'est pour trouver du travail ? C'est bien ça ! » lance une passante. Composé de trois « mini-salons », l'intérieur du bus s'organise en plusieurs zones d'entretien. Chaque conseiller reçoit un demandeur d'emploi pour faire un bilan de compétences et le point sur les offres de travail. S'ajoute à ces espaces, une zone « test métier » : « L'entretien a été rapide, car il n'avait rien à me proposer dans ma branche », témoigne Roger. Car finalement, peu de gens redescendent du bus avec un job à la clé. « La conseillère m'a dit de m'inscrire à leur agence pour trouver un boulot », explique Guillaume. Le bus de l'emploi serait-il en panne sèche de travail ? Garé de 9 h 30 à 17 heures devant les Halles Saint-Thibault, le bus fait pourtant le plein... de demandeurs : jeunes de la mission locale, chômeurs de longue durée, inscrits du Pôle emploi... En une heure, déjà une vingtaine de personnes ont passé leur entretien. Seulement une petite poignée en ressortira avec une possible offre d'emploi. La faute à un marché du travail qui résonne comme un réservoir vide ? Source : L'Union, 04/03/2011 |