Marie, 25 ans, raconte ses quatre mois de recherche d'emploi. Avec son bac pro en secrétariat, elle rêverait d'exercer ce métier, même à temps partiel. J'ai 25 ans, j'ai obtenu un bac pro en secrétariat en 2005. Le secrétariat, c'est vraiment le métier que j'ai envie d'exercer : depuis toute petite, je veux être dame de bureau ! Avec une mention au bac, j'ai pu m'inscrire en BTS assistante de gestion. Sauf que j'ai dû arrêter fin octobre 2005 pour me mettre à travailler. J'ai travaillé six mois comme hôtesse d'accueil dans une discothèque, mais à la fin, on ne me payait plus du tout. Je faisais aussi des ménages dans les bureaux. Je suis retournée dans ma famille et là, j'ai fait du baby-sitting, mais ce n'était pas déclaré. J'ai trouvé un contrat de professionnalisation dans une grande surface comme hôtesse de caisse. J'ai obtenu la qualification, mais ce boulot m'ennuyait, j'y allais à reculons et en rentrant chez moi, je pleurais. J'ai démissionné. Puis j'ai suivi une remise à niveau avec la Chambre des métiers : je pensais que j'avais perdu mes compétences informatiques en travaillant pendant un et demi comme caissière. Deux ans de contrat aidé J'ai enchaîné avec un contrat d'aide à l'emploi (CAE) dans un collège : je travaillais tous les matins, 20 heures par semaine, comme secrétaire. Pour mettre du beurre dans les épinards, je faisais encore du ménage, au black. Avec le salaire du collège, 600 €, je ne pouvais pas faire grand-chose. Heureusement, je partageais l'appart avec mon copain. Le CAE a pris fin en décembre 2009. Je ne cherche pas du boulot depuis, j'en cherche depuis trois ans ! Trouver dans le secrétariat, c'est mission impossible. La réponse qu'on me fait souvent, c'est ma faible qualification. Il aurait fallu que je fasse un BTS, mais je n'ai pas eu le choix. J'ai dû abandonner. Actuellement, je perçois 590 € de chômage. Tous les matins, je vais voir les offres d'emploi sur internet, je téléphone tous les trois jours aux agences d'intérim dans lesquelles je suis inscrite. Je cherche dans le secrétariat, mais aussi comme hôtesse d'accueil. Mais je ne vois pas d'offres. Comme je ne peux pas rester sans bosser, je me suis lancée dans la vente de produits de beauté à domicile. Mais ces produits sont chers, ça ne marche pas fort. Le plus gênant pour moi en ce moment, c'est de rester inoccupée. Mon mari me soutient, ma famille aussi. Aux amis que je vois, je n'ai pas grand-chose à raconter. Avec mon mari, on vit dans un studio. Lui travaille, mais je veux qu'on partage 50-50 les dépenses. On a réduit notre train de vie forcément. Et puis je dors moins bien. Quatre mois sans boulot, c'est long. Je suis prête à suivre une formation, par alternance. Avec la Mission locale, qui me suit depuis trois ans, j'ai postulé pour un autre Contrat aidé, dans une collectivité. Je n'ai pas encore de réponse. Source : Ouest-France, Florence LAMBERT, 29/04/2010 |