Concentré sur l'objectif d'inscrire et d'indemniser en temps et en heure les chômeurs qui ont afflué, Pôle emploi a moins sous-traité de prestations d'aide au retour à l'emploi à des prestataires extérieurs. Désorganisé par la fusion entre les Assedic et l'ANPE en même temps qu'il était confronté à un afflux de chômeurs, Pôle emploi a paré au plus pressé en 2009 : inscrire et indemniser au plus vite les demandeurs d'emploi. La mission d'appui-conseil aux chômeurs en a largement pâti. C'est ce qu'illustre un document transmis aux membres du conseil d'administration sur les « dépenses réalisées sur les principaux marchés de Pôle emploi en 2009 ».Il montre que même les marchés traditionnels de sous-traitance en ont subi le contrecoup. Exemple : alors qu'il avait été envisagé de faire entre 206.360 et 560.976 « Evaluations des compétences et des capacités professionnelles » (ECCP), il y en a eu moins de 100.000, selon les statistiques de Pôle emploi. Toutes les situations n'ont pas été aussi extrêmes, mais, en moyenne, le volume des prestations classiques aux demandeurs d'emploi réalisées par des organismes extérieurs a représenté 45,39 % du nombre maximum que Pôle emploi s'était fixé comme objectif, ne dépassant que de peu le seuil minimal qu'il s'était fixé.Grande marge de progression Voilà qui laisse une grande marge de progression pour atteindre le nouvel objectif fixé à Pôle emploi par Laurent Wauquiez. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi a annoncé il y a un mois que l'objectif de confier l'aide au reclassement de 320.000 chômeurs au total à des opérateurs privés était ramené de deux à un an, soit d'ici à la mi-2011.La situation a été encore moins brillante sur le suivi des deux publics de chômeurs censés bénéficier d'une attention particulière, et qui ont fait l'objet d'un appel d'offres dont les résultats ont été connus. Ils ont commencé à démarrer à la rentrée pour les plus éloignés de l'emploi et les licenciés économiques (CTP et CRP). Concernant les chômeurs en grande difficulté, le document a dénombré l'accueil de 55.891 personnes par des cabinets de reclassement privés, pour une fourchette attendue de... 136.475 à 338.315. Concernant les seconds, l'écart est encore plus grand puisqu'environ 18.000 chômeurs en CTP ou CRP ont été pris en charge, contre entre 137.504 et 345.195 souhaités. Cet écart ne peut s'expliquer à lui seul par le retard pris en Paca et en Languedoc-Roussillon à la suite d'une décision de justice.
Conséquence : si l'Unedic a perdu environ 1 milliard d'euros en 2009, Pôle emploi disposerait, lui, d'un excédent d'un montant peu ou prou équivalent. Sur cette somme, quelque 550 millions d'euros, soit un peu plus de la moitié, lui sont dus (mais ne sont pas encore réclamés) par le régime d'assurance-chômage. Source : Les Echos, 22/01/2010 |