L'intérim concerne 4 % de la population active. Une étude réalisée par la Medefi analyse ses particularités dans le Pays de Redon. Elle donne aussi à réfléchir sur l'image de l'intérimaire dans l'entreprise. Il a été le premier à souffrir pendant la crise. Mais le mal couvait depuis plus longtemps. Entre 2000 et 2008, l'intérim a diminué de plus de 60 % sur le secteur. En cause ? En vrac, la fermeture de Bretagne Routage, le plan social chez Lear Corporation, la baisse du volume d'activité dans la sous-traitance automobile... C'est ce que révèle, entre autres, un rapport de l'Observatoire de la Medefi. Cette étude, rendue publique, décortique cette forme de travail et ses évolutions. Les nombreuses agences d'emploi du secteur ont été sollicitées, des intérimaires interrogés. « Dans le même bateau » Où l'on apprend, entre autres qu'il concerne 4 % de la population en activité dans le Pays de Redon. C'est deux fois plus qu'en moyenne dans les trois départements du territoire ! Delphine Sabreja, de Synergie, estime que l'étude confirme ce que chaque agence perçoit isolément. « C'est bien aussi de voir qu'on est tous dans le même bateau. » L'interaction avec les acteurs publics de l'emploi ? « Sur le secteur, elle est bonne, il y a une bonne réactivité par rapport à nos demandes. Nous faisons des choses ensemble, c'est loin d'être le cas partout ailleurs. » Le profil des intérimaires ? Les moins de 24 ans occupent un tiers des emplois. Les femmes (plus demandées en électronique et cosmétique industrielles) et les plus de 35 ans y sont plus représentés par rapport à la moyenne bretonne. « Des idées reçues » Chez Régional intérim, on constate deux catégories : « Les vrais pros de l'intérim et d'autres qui viennent en dilettante avec des motivations moyennes. Du coup, ceux qui ont fait de cette forme de travail un vrai choix sont un peu noyés dans la masse. » L'image du travailleur intérimaire en pâtit. Emmanuel Boutin, d'Adecco, admet qu'« il y a encore beaucoup d'idées reçues. Et pourtant, les intérimaires ont des avantages et des garanties que bien des salariés en CDI de petites entreprises n'ont pas. » Le salaire y est plus élevé, les missions globalement plus longues. Et puis, il n'y a pas de différence de statut entre un CDD et un contrat en intérim. Virginie Huerl, de Temporis, doit rappeler régulièrement aux employeurs la règle de l'équité par rapport aux employés permanents. « Je leur dis, considérez l'intérimaire comme un de vos employés. Et si vos employés ont une prime de panier, il doit en avoir une aussi. » Reste que les intérimaires interrogés par l'observatoire utilisent presque tous les termes de « bouche-trou » et de « larbin ». Virginie Huel est parfois encore surprise par certaines réflexions. « Hier, un patron m'a dit qu'un salarié qui faisait le choix de l'intérim n'était pas fiable... J'en étais abasourdie. Heureusement, c'est rare ce genre de point de vue. »
Source : Ouest-France, 13/10/2010 |