Travail en intérim : des signes de relance 17-08-2010
Bruno Bawol a retrouvé le sourire. L'an passé, à la même époque, c'était plutôt la soupe à la grimace chez ce responsable de district pour l'agence d'intérim Synergie de Laon (Aisne). Loin de crier victoire, il constate néanmoins une nette reprise d'activité. « Le travail temporaire est un baromètre immédiat de l'emploi. Quand une entreprise va mal, avant d'envisager des mesures telles que le chômage technique, on ne prend plus d'intérimaires. Au contraire, quand les carnets de commandes commencent à se remplir, les entreprises restent prudentes dans leur recrutement et c'est à eux qu'elles font appel en premier », rappelle celui qui a noté un léger mieux en février, mais une hausse vraiment significative depuis le mois de mai. En juin 2009, le secteur de l'intérim enregistrait 30 % de missions en moins. Cette année, à la même époque, on est à +18 % au niveau national et +22 % en Picardie, une différence logique dans la mesure où la région avait plus souffert que d'autres. « Nous ne sommes pas revenus au même niveau, mais pas loin, ce qui est encourageant. On avait du mal à imaginer que cela repartirait aussi bien mais on ne s'emballe pas : on ne sait pas si cette reprise va se confirmer en septembre et, surtout, en 2011. » Cosmétique et agroalimentaire Chez Synergie, à Laon, 250 personnes ont actuellement une mission d'une durée moyenne d'un mois, soit cinquante personnes de plus qu'en août 2009, lesquelles travaillaient généralement deux semaines. Chez Manpower, on annonce « 200 personnes au planning contre 120 ou 130 d'habitude à cette période de l'année où beaucoup d'entreprises sont fermées ». Parmi les secteurs qui profitent le plus de cette embellie, « la cosmétique, comme Givenchy à Vervins ou Soprocos à Gauchy, la logistique, de même que l'industrie agroalimentaire avec Daunat ou William Saurin dans le Laonnois », souligne-t-on chez Synergie, tandis que Manpower recense beaucoup de demandes de la part de sociétés de construction. De plus en plus de « seniors » Le secteur de l'intérim peut aussi compter sur deux phénomènes nouveaux pour se relancer. D'abord, le fait que l'administration - hôpitaux, chambres de commerce et autres préfectures - peut désormais avoir recours au travail temporaire. « C'est particulièrement intéressant dans une ville telle que Laon et cela pourrait apporter un souffle nouveau sur le marché de l'emploi », espère Bruno Bawol. Par ailleurs, certains services des ressources humaines commencent à anticiper la future loi sur la réforme des retraites qui pourrait pénaliser les entreprises n'embauchant pas suffisamment de « seniors », comme cela se fait déjà pour les personnes en situation de handicap. La demande de main-d'œuvre âgée de plus de 45 ans émanerait surtout des grosses entreprises, sensibilisées à la question par la Direction du travail. Source : L'UNION, 12/08/2010